1 mai 2013

Voyage en Corse - Part1 - Cap au Sud vers Aix les Milles

La Corse ! Enfin nous y sommes, à ce voyage qui promet de nous émerveiller ...
Quarante années que j'y vais, au moins une fois par an. Je connais par cœur les environs de la baie d'Ajaccio. Ce matin, même si le lever de 5h est tôt, je suis super motivé !

Rendez-vous aux trois équipages à 7h tapantes au terrain de St Cyr l'Ecole (LFPZ), pour un check de la météo et un départ vers 9h au plus tard.

Nous avons 3 avions en partance, que des DR400-180cv :
- F-GGJL : Benjamin, Antoine, Julien et moi-même
- F-GGXG : Morgane, Fred, Nico et Daniel
- F-GLKG : Dominique, Patrick, Greg, et plein de bagages !

Nous avons tous fait la grimace une fois arrivés au terrain, vu la brume qui y était installée et ne laissait passer que 4 à 5 kilo de visi ... Et la lecture des METAR/TAF nous a refroidi plus encore ! Un gros front orageux est en train de remonter la France en diagonale depuis le Pays Basque jusqu'aux Ardennes !
A part aller dans l'Ouest, ce qui n'est pas notre cas, tous les vols sont bâchés pendant au moins deux heures... Chalons ou Moulins ? Ni l'un ni l'autre ne sont atteignables actuellement.

Après 2h d'attente au club, un équipage souhaite déjà abandonner le voyage et nous même, nous hésitons ! Greg part nous chercher des croissants et la machine à café tourne à plein régime. Ce qui fait qu'un regain de motivation saisit l'ensemble des troupes au bout de 4h d'attente ... "Et si on tentait ?... si ça ne passe pas, on fait demi tour, mais on aura au moins essayé !".

Et c'est ainsi que nous partîmes vers 11h30 ! Il est prévu que chacun des trois pilotes aura une branche dans la journée. Voici donc le découpage de notre traversée de la France vers Aix les Milles en ce premier jour de voyage.



Le Juliet Lima est fin prêt à partir ...


... tandis que Patrick peaufine le remplissage des réservoirs en 100LL, selon le devis masse et centrage calculé plus tôt.


Je pilote sur la première branche de la journée, mes camarades étant bien confortablement installés à l'arrière. Il se peut que, si la météo se dégrade trop, je rentre à StCyr et qu'on annule le voyage. C'est un vrai coup de Poker.


Au niveau de Dourdan, nous sommes agréablement surpris par la couche de nuages qui est vraiment très fine et laisse apparaître, par endroit, le ciel bleu ! Nous prenons la décision de poursuivre en direction de Châlons.


Mais la trêve de la grisaille ne fut que de courte durée... Bien avant Auxerre, vers Villefranche sur Yonne, je me retrouve en IMC !!! Comme durant notre formation, je fais un 180 pour me sortir de là et rebrousse vers Sens, au nord.


Aux alentours de Sens, la situation n'a guère évoluée et je me retrouve à nouveau dans un environnement vraiment pénible pour du vol VFR. Nouvelle décision collégiale : nous n'allons pas tenter le diable et rentrons sur StCyr pour annuler le voyage.
D'ailleurs, nous entendons sur la fréquence que le XG a déjà fait demi-tour direction le terrain de départ.

Là, aux abords du terrain de Pont sur Yonne, nous sommes invités à la radio par l'éternel optimiste Dominique, dans le KG, à nous poser sur ce terrain et ce, pour deux raisons :
- le restaurant du terrain est excellent et son patron charmant
- quand on aura fini de déjeuner, le grain sera passé, et nous pourrons reprendre notre route.

De toute façon, foutus pour foutus, rien ne nous empêche de nous poser, ce qui permettra de nous détendre un peu après ses 1h20 de vol assez éprouvantes.


Alors effectivement, le restaurant du terrain de Pont s/Yonne à l'air sympa, mais ... un 1er mai ... il est fermé ! Comme tous les environs d'ailleurs ! Le problème c'est qu'un gros grain devrait arriver d'ici peu, et on a aucun endroit pour se protéger à part de se blottir dans les avions !


Même la petite pièce de la tour d'observation est fermée ! Nous y trouvons néanmoins un authentique instrument de mesure de la vitesse du vent : typique !


C'est bien joli tout ça, mais : que faisons nous maintenant ? En plus, la faim commence à se faire ressentir...
On appelle bien des livreurs de pizzas, mais ils sont, eux aussi, fermés ! En plus, l'aérodrome est en fait localisé à Gisy les Noble, un tout petit patelin et Pont s/Yonne est à perpète à pieds ! On ferme les avions et on va marcher, voir au village si on trouve quelque chose d'ouvert.


C'est un peu le désert ici, on marche à travers la campagne. Alors c'est joli, oui ... mais c'est complètement inhabité !


Après une bonne marche de 40 minutes, le constat est sans appel : y a rien de rien d'ouvert, et il va très vite commencer à pleuvoir. Nous rentrons au terrain ...
Et c'est là qu'on voit un peu de vie dans un des hangars du coin : s'il y a quelqu'un de vivant ici, il ne faut pas le louper !
Un pilote super sympa, accompagné de son fils, nous ouvre alors la salle de l'aéroclub et m'emmène chercher de quoi faire des sandwichs. C'est comme une bénédiction, on a désormais un endroit d'où se protéger de la pluie et ... on va manger ! Yes ! Merci à lui !


Bon, après, il faut dire que le grain a mis 4h pour passer !!! Alors d'heure en heure, l'impatience commence à se faire sentir...


Chiotte de temps ! On fait ce que l'on peut pour s'occuper. Moi je fais le tour de la salle et lis tous les messages sur les panneaux d'affichage ! Je tombe aussi sur la carte aéro de toute la France sur laquelle je tombe des nues ! Quoi !!! On en est que là de Paris !!! 120 bornes en 1h20 de vol !!!
Ben c'est pas gagné pour dormir à Calvi ce soir !

Puis un petit pari s'organise : à quelle heure pourra-t-on reprendre la route ?
Alors on a :
- Dominique : 17h00
- Franck : 17h30
- et notre pro de la dichotomie : Benjamin avec 17h15 !

Encore pas loin d'une heure, donc, à attendre et, pour le moment, il pleut des hallebardes !


Et le grand vainqueur est Dominique puisque nous rejoignons les avions à 17h. La consultation de la météo nous promet un temps magnifique de ciel de traîne de front froid en Bourgogne, et après, que du Cavok !

C'est donc à Julien de reprendre les commandes du Juliet-Lima pour la deuxième branche de la journée qui devrait nous mener vers Lyon.


Très vite, après Sens, la situation météorologique s'améliore et nous demandons le niveau de vol 55.


Où l'on voit clairement la limite du front, au dessus d'Auxerre, qui laissera derrière lui un temps magnifique.


Sur tout notre parcours, nous constatons l'ampleur des inondations qui défraient la chronique actuellement sur les territoires bourguignons. Impressionnant !


En niveau de vol, on passe avec le SIV de Clermont.  Alors, nous, le JL, un DR400, 3 personnes à bord, euh non, finalement 4, en provenance de  .... ? .... comment s'appelle ce patelin déjà ? ... mais si, tu sais, là où il pleut grave !? ... euh ... Pont sur Yonne voilà ;o) ... et donc à destination de ... ? ... au fait, on va où déjà ?
Là, je me serais bien vu rétorquer par le contrôleur : "Juliet-Lima, rappelez prêt à parler !!!"


Qu'importe, en niveau de vol, l'air est stable et à l'arrière du Robin, on en prend plein les mirettes !


Les premiers reliefs du Morvan accrochent quelques nuages qui rompent la monotonie bleue du ciel.


A l'approche de Monceau les Mines, nous devons prendre une décision : soit on s'arrête à Lyon Bron, soit on tente Aix en direct.
En fait, pour ne pas prendre de risque au niveau carburant, nous décidons de nous arrêter, non pas à Lyon, mais à St Rambert, un petit terrain en herbe, juste un peu plus au Sud.
Cela nous permettra de ravitailler, changer de pilote et re-décoller plus rapidement que sur un grand terrain.
D'autant qu'on a pas des masses de marge avec la nuit aéro. Toute minute économisée est bonne à prendre.


Julien et Benjamin préparent notre arrivée sur St Rambert pendant que nous croisons Lyon par l'Ouest.


En Auto-Info, on passe verticale du terrain et on s'intègre vent arrière pour la 19 droite.


L'herbe est assez haute sur le terrain, notre Robin est désormais tout vert ! Nous repérons les taxiways aux oiseaux posés sur les cônes !


Après un arrêt technique, c'est Antoine qui fera la dernière branche vers Aix. Il nous faut vite repartir, pas le temps de traîner. Temps total de l'arrêt : 20 min ; intégration, fuel et départ inclus !


Au bord du Rhône, de nombreuses usines nucléaires ont été installées. Ça casse un peu le trip de l'air pur de Province ! - Et mon air pur du Périph' alors !


Passé le VOR d'Avignon, le soleil se couche à l'horizon, il nous reste pas loin de 30 minutes pour être parqué à Aix !


C'est finalement avec une petite marge sur la nuit aéro que nous nous retrouvons aux pompes à Aix. Bien joué à tous ! La persévérance a payé aujourd'hui. On est pas encore en Corse, mais c'est tout comme. On a une petite pensée pour l'équipage du XG qui a dû renoncer chemin ce matin.


La joie dans l'âme, nous allons chercher à manger au McDo d'Aix les Milles. Mais lorsque nous arriverons, il est fermé ! Alors, in extremis, sous les bons conseils de Patrick, nous partons dans la file du McDrive, à pieds !


Et voici la vidéo résumant cette folle journée.


Au final, nous avons volé 4h45 aujourd'hui, réparti comme suit :
- branche 1 : St Cyr LFPZ - Pont sYonne LFGO : 1h15
- branche 2 : Pont sYonne LFGO - St Rambert LFLR : 2h10
- branche 3 : St Rambert LFLR - Aix les Milles LFMA : 1h20

Dans les prochains posts, vous découvrirez notre arrivée sur la Corse et les vols sublimes que nous y avons fait. Ne quittez pas ! ;o)

3 commentaires:

  1. capiaumont Michel15 mai, 2013

    Dommage, vu l'heure tardive d'arrivée à LFMA...tu n'as pas pu rencontrer mon neveu Philippe (FI hélico, président fondateur du RCA rotor club aixois).et propriétaire de la boutique bungalow Sud Air Equipement, tu passes à côté pour sortir de l'AD... sur la porte du quel figure un pilote "vintage", grandeur nature, que j'avais dessiné il ya 5 ans environ, pour son entrée de magasin, comme l'hôtesse de l'air "Natacha" sur ses vitrages ou le grand panneau publicitaire (1m80x2m50 env) pour le Rotor Club Aixois apposé sur le hangar jouxtant le parking voiture à l'entrée de l'aérodrome...lol
    Quant au Mac Do, je le connais bien, c'est là que nous cassions la croûte au retour de mes TDP effectés avec lui, pendant sa pause déjeuner, sur "eurostar" le Bravo-Golf (F-JJBG) Evektor EV 97...
    Souvenirs souvenirs...
    Amitiés, Michel

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  2. Canon ! ca donne envie de repartir ! Vivement la suite !

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  3. GENIAL !!! GENIAL !!! GENIAL !!! GENIAL !!! GENIAL !!!
    Bravo pour ce reportage surper bien monté !
    La MTO ==> Il sufisait d'y croire...
    D'avoir attendu si longtemps sous la pluie nous a mis une patate d'enfer dès qu'on a vu le ciel bleu...

    Pas toujours éternel optimiste car on a annulé le voyage école ce 15 mai au vu des prévisions météo très pessimistes... et en fait il semble que c'était bien meilleur que prévu...

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