20 juil. 2012

AJA-ORY : pour le plaisir des yeux !

De retour de Corse vers Paris ce vendredi soir avec Easyjet, c'est l'occasion de publier quelques photos.
Pas de récit de cockpiston ou autre expérience extraordinaire vécue ce jour.

Juste pour le plaisir des yeux, comme un petit bonheur simple pendant les vacances ...






6 juil. 2012

Pas de Mont-Blanc mais crevé à Dole !

Une semaine ... !
Une semaine ... que j'ai le nez collé à la fenêtre en me demandant comment on va bien pouvoir faire le voyage prévu aujourd'hui, vers le Mont Blanc, avec ce temps pourri !
La navigation est préparée depuis quelques jours, avec peu d'espoir de pouvoir la réaliser entièrement.

Rendez-vous pris au club ce matin 8H.
L'équipe est au complet, Gisèle sera notre instructrice, je ferai la première branche vers Chalon, David le vol vers Chambéry, les Alpes et retour sur Dole Tavaux. Et pour finir, Nicolas nous ramènera à St-Cyr. Les équipages des 3 autres avions sont également présents : ça fait du monde de bon matin au club ;o)

La fine équipe du jour ... De gauche à droite : Gisèle, Nicolas, moi et David.
Et déjà, ça ne commence pas fort : j'ai oublié mon casque, notre avion (Kilo-Golf) est en mécanique, le plafond est bas et les Metars laissent peu de possibilités de rejoindre Chambéry Challes les Eaux (LFLE) pour le déjeuner !

Se forment alors deux clans : ceux qui préparent une nav alternative plus vers l'ouest (Limoges ou Angoulême) et ceux qui sont à fond pour maintenir le plan initial (mais si, ça passe, suffit de faire un peu de FL puis redescendre sur Dijon !).

Une chose est sûre, tous sont affairés à calculer, avec une grande rigueur, les possibilités d'emport carburant vu qu'on dépasserait allègrement la masse max si on mettait les pleins. Pour nous, on remplira les ailes et la moitié seulement du central. Autonomie dispo : 3h15.

Le temps d'être prêt à partir, il est pas loin de 10h15 local, l'avion est sorti de méca, le plein d'essence est fait et, entre temps, les Tafs dégagent un peu la Bourgogne. La consigne est prise, on maintient le plan initial et on se rejoint tous à Auxerre pour faire une analyse plus locale de la situation.

Notre parcours : LFPZ (St-Cyr) - LFLH (Chalon) / LFLH - LFLE (Challes) / LFLE - LFGL (Dole)
Cela faisait 1 mois et demi que je n'avais pas volé, mais je suis en pleine forme aujourd'hui. Je suis opérationnel très rapidement et ma branche sera un vrai plaisir au pilotage. C'est tout ce que j'aime dans les voyages club ... prendre du bon temps !


Je passe à proximité d'Etampes (LFOX) via le péage de St-Arnoult, puis nord de Montargis (LFEM) et Auxerre (LFLA). Le ciel est bien dégagé, il n'y a que du FEW dans les parages, on poursuit ...
Après Avallon (LFGE), les zones R45 B militaire sont actives, je passe alors en dessous, à 800ft du sol. Passant Saulieu (LFEW), le relief commence à se dessiner, les vallées se creusent, c'est très chouette dans ce coin là !


Sous la TMA de Dijon, je prépare mon arrivée sur Chalon (LFLH). Et suite à la prise des paramètres de l'AFIS, ce sera un circuit main droite pour la 17 dure, à 1600ft. Je suis assez content de mon intégration qui, pour une fois, représente enfin un beau rectangle ;o)

Mes intégrations ressemblent de plus en plus à quelque chose, ici à Chalon
Une fois au sol, j'ai l'impression que Kilo-Golf tire à droite au roulage... Le pneu est dégonflé !  Un sympathique confrère d'Air Chalon Club nous prête son compresseur pour le regonfler.

Un petit coup de compresseur pour regonfler notre pneu droit
Dommage qu'on ait pas le temps de traîner un peu ici, nous sommes invités à faire un tour en Comet FK12 !
Ce sera pour une prochaine fois. Merci en tout cas pour le coup de main.

La tour de l'AFIS à Chalon
On ravitaille puis c'est au tour de David de prendre les commandes ; je passe à l'arrière, pour pouvoir prendre des photos et filmer un peu.

Nicolas et moi, en sacs de sable arrière ;o)
Quand on n'a jamais touché un DR48, la prise en main n'est pas toujours facile pour un pilote de DR42.
En effet, il y a 3 réservoirs, les freins sont sur les palonniers, il y a deux blocs radio avec mixage écoute/transmission à gérer. Bref, pas évident !

Au point d'arrêt Alpha à Chalon

En montée initiale à Chalon, parallèle à l'A6
Quelques grains passent autour de nous alors que nous quittons Chalon. On espère pouvoir atteindre le lac du Bourget, mais pour le Mont-Blanc, ça paraît de plus en plus compromis !

Pas sûr qu'on puisse arriver à Chambéry...
Au niveau de Tournus, il est midi passé, les zones RTBA militaires sont maintenant inactives, on en profite pour prendre de l'altitude afin de passer les massifs pour ensuite plonger sur le lac du Bourget.

Le terrain de Tournus (LFFX)
Le terrain de Bourg (LFHS) avec son immanquable trèfle à 4 feuilles !

Mignon, le terrain de Corlier (LFJD) perché à près de 1000m d'altitude
C'est une impression bizarre que l'on ressent, en approchant du lac du Bourget, quand on est pilote de plaine... Comme si le relief nous emprisonnait et nous enveloppait. On se sent tout petit à côté des parois rocheuses. Un petit coup de stress supplémentaire nous envahit en se disant qu'on a assez peu d'espace pour évoluer, et qu'il faut rester bien concentré.

Les reliefs deviennent impressionnants en dessous du VOR de Chambery 
Un truc marrant : le VOR de Chambéry (CBY 115.4) se trouve en haut d'un massif, et vu qu'on descend un peu plus bas vers le lac, et bien : on passe en dessous du VOR ! On s'amuse comme on peut ...

Le lac du Bourget
Alors là, franchement, j'ai une petite pensée amicale pour David, lorsque j'écris ces quelques lignes sur notre arrivée à Challes. Je rappelle simplement qu'il n'est pas encore breveté et qu'il pilote un DR48 pour la première fois, avec un petit bonus : la comm, c'est pas son truc ;o)
Voici le contexte :
- la descente sur le lac du Bourget devra se faire le long de la paroi à gauche vers Echo-Yankee car il y a largage de parachutes en cours sur Chambery (LFLB).
- il faut maintenir une certaine altitude car il y a un petit relief à franchir au niveau de Verel-Pragondrant pour passer du côté de Challes.
- il y a treuillage de planeurs en cours sur l'AD Challes-les-Eaux (LFLE), donc il faut éviter la verticale.
- on demande fréquemment le silence sur la fréquence en auto-info pour cause de treuillage justement.
- le passage en finale pour la 32 se fera extrêmement proche du relief !
David, encore une fois : chapeau !

Verticale de notre destination - Chambery Challes les Eaux (LFLE)
La jolie intégration de notre ami David - "Même pas peur !"
Première partie du voyage atteinte ! Le déjeuner à Challes est l'occasion de profiter du spectacle incessant du treuillage de planeurs et également la préparation de la suite du voyage : Mont-Blanc ou pas Mont-Blanc ? Albertville puis Annecy, c'est jouable ? Ça discute sévère entre les instructeurs ...

Voici le type d'image dont on rêve quand on prépare les voyages
La suite du programme a finalement été tranchée : ce sera retour sur Paris par Dôle - Tavaux (LFGJ) ! La météo n'évolue pas dans le bon sens pour nous. Et on n'a pas assez de carburant pour tenter de passer des vallées et faire demi-tour dans le cas contraire. Donc : back to bercail !

Au parking en herbe à LFLE
David fait la prévol pendant que Nicolas et moi, nous réinstallons à l'arrière : ceintures, harnais, iPad, cartes aéro, appareils photos, caméra, enregistreur son ; quel boulot ça demande, je vous dis, de faire ce blog ! ;o)

Juliet-Lima au point d'arrêt, pendant qu'un planeur se pose sur la piste ne herbe
Nous reprenons le même cheminement pour partir de la vallée de Chambéry puis quittons par Novembre-Lima. Les paysages sont magnifiques ... quel pied !

Les lacs du Barterand et du Lit au Roi
Après les zones de Lyon et Genève, on retrouve le relief bas et les plaines. Je suis toute la nav avec Air Nav Pro sur iPad, et franchement, ça le fait bien. Je me permets quelques suggestions de caps, altitudes, points de report à notre pilote émérite du jour.

Le terrain de Lons le Saunier (LFGL) 
Les jolies couleurs de l'étang de Desnes
Le ciel s'est complètement dégagé en arrivant sur Dole-Tavaux et, le soir approchant, les couleurs sont flamboyantes au sol. Et puis Nicolas est ravi, il va pouvoir très bientôt prendre les commandes du petit Robin bois et toile. Ça fait près de 8h qu'il attend ça !


En attendant, David prépare son arrivée par Sierra pour la 23 dure. On sens qu'il est fatigué, l'intégration est un peu approximative, mais ça le fait, on est en finale 23 et autorisé à l'atterrissage.
150 km/h - 140 ... puis arrondi, effet de sol et on pose ...

Mais là ... BANG !!!
Le pneu éclate et on est secoués comme des pruniers ! Gisèle et David sont debouts sur les freins et Kilo-Golf part tranquillement vers le bord de piste en herbe !
L'appareil est stoppé et sera immobilisé au niveau de la sortie de piste vers le point d'arrêt Bravo (une prémonition !).

La crevaison tant redoutée durant le voyage !
Après une vaine tentative de le tirer à la main, il faudra attendre l'aide des pompiers pour dégager la piste et nous amener l'appareil sur l'aire de parking, tiré par leur camionnette.

Le Kilo-Golf immobilisé au point d'arrêt Bravo à Dole !
Vaine tentative de le déplacer à la main...
Les pompiers nous prêterons main forte avec leur camionnette
Les 3 autres avions du club arrivent sur le terrain et vont faire le plein pour le retour à Paris.
Pour nous, Dole sera notre destination finale aéro. Vu qu'on est vendredi soir 19h, il n'y a plus aucun mécano de dispo pour réparer notre roue. L'avion est immobilisé jusqu’à la semaine prochaine.

Dole (LFGJ) : destination finale !
Tandis que les autres appareils ravitaillent et se préparent pour leur retour à St-Cyr, notre star du jour : David, se bat longuement avec les assurances FFA pour nous trouver un moyen de rapatriement.
TGV, location de voiture, hotel et resto, tout y passe !

Finalement, ayant loupé le dernier TGV pour rentrer à Paris et n'ayant pas d'envie particulière de rester le weekend à Dole, nous rentrerons en voiture par un loueur Hertz situé à quelques mètres du terrain.

Les 3 autres avions des Alcyons, alignés et prêts à rentrer à Paris ... sans nous !   -- snif --
Voici la vidéo des 2 branches de David, Chalon-Challes et Challes-Dole :



Pour finir, je souhaiterais saluer l'immense maîtrise et zen attitude de Nicolas, qui se sera tapé 4 heures de vol sans pouvoir toucher les commandes de l'avion. Et ce n'était pas fini : il lui restait encore 4 heures de route pour rentrer à St-Cyr. Youpi !