31 oct. 2011

Vol 52 - Le pré-test : Aïe Aïe Aïe !!!

HdV : total 54h47 - cdb 11h58 - ep 42h49 - Cout : 7793€

Je sors tout juste du débrief, et j'ai encore la tête prête à exploser.
C'est le vol le plus intense que j'ai jamais réalisé durant toute la formation !
Je suis arrivé au club ce matin à 11h, et j'en suis sorti à 20h, vanné !

Ceci dit, je suis content de moi car je ne savais pas si j'allais tenir jusqu'au bout, mais je l'ai fait ! Il était temps que cela s'arrête... j'ai supporté, physiologiquement parlant ;o)
Comme quoi le corps s'habitue quand même pas mal à ces séries de vol assez spéciales.

Le matin, j'imprime et valide la météo et les derniers notams avant que l'instructeur n'arrive. Je sais que je vais être cuisiné comme pas permis sur mon dossier de vol. Et ce fut le cas !
Je l'ai bien organisé et préparé ; ça passe impec, je ne me planterai sur aucune réponse. J'ai préparé St-Cyr - Rouen et après, surprise pour le déroutement. La météo étant vraiment pas terrible, on verra sur place.

L'instructeur me corrigera tout de même 3 points :
- inscrire le point du poids avec les réservoirs vides dans le graphique de masse et centrage car il y a des configurations où l'on peut sortir des limites autorisées
- rendre la fiche d'emport carburant plus lisible, en identifiant clairement les phases (Mise en route - roulage - mise en puissance, verticale terrain, intégration)
- connaitre les durées de validité de chacun des documents de l'avions (certificat de navigabilité, assurance, immatriculation, etc.)

Je passe à la prévol. 
Je la ferai seul, consciencieusement, sans l'instructeur, en me doutant bien qu'il allait me trouver quelque chose à redire, comme j'ai déjà eu par le passé (les broches du capot dans le sens inverse, des vis dévissées sur le karman ou les carénages de roues). Mais non, il paraît satisfait.
Alors ... go !  Euh ... go ! disais-je !
Malheureusement, alors que Frédéric partira sur Dreux avec l'autre DR42 en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, et bien nous ... impossible de démarrer la bestiole ! 
Pourtant tout le monde s'y est mis ! J'étais entouré de 2 instructeurs et le chef-pilote ... une vraie mariée...

Bon, ça commence à sentir le roussi cette histoire... l'heure avance, contrairement à l'heure du couché de soleil de l'ATIS : 16:34Z ! Et le couperet tombe : avion immobilisé, il part en méca !
Alors ça, c'est pas de bol, plus de DR221 non plus de dispo !
Du coup, on se précipite sur un DR46. C'est plus rapide, ça freine aux pieds, les vitesses de référence ne sont plus les mêmes, et ... c'est plus cher ! Gloups ...
Là, je commence à pas mal augmenter ma dose de stress.

On sort le Xray-Hotel du hangar, purges, prévol. C'est l'instructeur qui fera la mise en route, le roulage et les essais moteurs pour rattraper un peu le retard. Je reprends les commandes au point d'arrêt de la 29L.
Le début de la nav se passe très bien, je tente de rester zen et me concentrer sur mon pilotage. Sachant que ma tenue d'altitude est l'un de mes points faibles, je suis très vigilent sur ce point.
Je passe par le secteur Nord, puis travers des tours de Porcheville.

Ça va vite le DR46, et mes estimées de log de nav sont donc toutes fausses, vu qu'elles étaient prévues pour le DR42 ! On arrive à la boucle de Seine où je prends cap au Nord vers la gauche du terrain de Mantes. Je prends l'Atis de Rouen qui commence en anglais, puis j'attends le français pour confirmer... Sauf que pendant cette phase et là, l'avion carbure à fond et tout s'enchaîne très vite, je commence à partir n'importe où vers le Nord. Je bascule au plus vite sur la fréquence de la TMA d'Evreux pour être clairé. Mais ... je suis déjà parti bien loin. Tout ça pour entendre que finalement l'approche est inactive :o(
Alors, là ... panique à bord !

Bon, calmons-nous, tout d'abord ... où suis-je ? Pfff, j'en sais rien. En plus la visibilité se dégrade et le plafond s'abaisse. Cap au 270 pour aller vers Rouen. Je m'annonce et suis autorisé en VFR spécial.
Maintenant, reprenons - je sélectionne le VOR de Rouen pour voir sur quelle radiale je suis. Sur la 300 !
Euh ... non, ça, c'est pas possible vu que je suis dans le sud-est du VOR.
Et paf ! J'ai sélectionné la radiale en To et non en From ! Pourtant, je ne fais jamais cette erreur !
Je suis à Gisors ! ... à moins que ce ne soit Etrepagny ! Rrrrrrrrrr ... quelle misère !
Je n'arrive pas à bien voir ma vallée de Seine à cause des conditions météo donc pour le repérage, c'est dur cette zone. Allez, je demande un QDM à la Tour. --- 290 ---
Au débrief, mon instructeur me dira que j'étais à Etrepagny, mon terrain maudit que je n'ai jamais réussi à voir !

En zigzaguant tant bien que mal entre les nuages à l'approche de Rouen, je fais un briefing arrivé un peu à la va-vite.
- "Tu voles à quelle hauteur là ?"
- 1500ft
- "Ok, et la hauteur du tour de piste ?"
- 1500ft ... aïe ! Il faut que je monte à 2000 ft ! Zou ...
- "Tu es en classe Delta, tu as demandé l'autorisation ?"
- Et non ... Re-Aïe !

Je suis autorisé pour une intégration semi-directe en base main gauche pour la 22.
Et allez, on charge encore la mule ! Normalement le tour de piste est main droite pour cet aérodrome !
Je me pose sans soucis, puis ... remise de gaz. On monte à 800ft.

- "Au fait, c'est quand tu veux pour ta check niveau de sécurité post-décollage !"
- Mmmmm ... pompe, et on rentre les volets.

Panne au décollage, je pousse sur le manche. Secteur avant, plus ou moins 30°.
Très bien ... enfin ... très bien à part la pompe et la réchauffe carbu ! Remise de gaz...
On enchaîne sur un tour de piste standard main droite, mais avec une panne de volets.
Pas de soucis sur la comm, mais je suis encore à 180 km/h en vent arrière ! Et je ne ferai ma checklist vent arrière qu'en passage en base (légèrement suggérée par l'instructeur à bord !).
Alors là je suis fâché contre moi, je ne fais jamais cette erreur là ! Mes tours de piste sont nickel d'habitude !!! Dégoûté !

Et un touché ... puis, étant sur le coup de mon tour de piste foiré, j'entends :
- "Allez, déroutement, tu m'amènes à Etrepagny !"
Pas de pot ! Mais ça s'accumule, j'ai pas de pot, sérieux ! Le pire terrain d'Ile de France ! Déjà que je ne le trouve pas avec du CAVOK partout, mais là, avec cette météo pourrie...

La tour m'annonce que je suis autorisé pour un virage à gauche pour le point de report Echo. Je vérifie sur la 1/500.000e où se trouve le point E, apparemment là où le chemin de fer fait une boucle pour partir vers l'Est.
Ok, trouvé. Maintenant, je décide de suivre cette ligne qui devra m'amener au terrain maudit ...

- "C'est quoi le nom de ce bled là ?"
- Hein ? ... Quoi ? Quel bled ? 
Mais pourquoi il me parle lui ! Chuis à bloc pour essayer de pas louper mon terrain !
- Ça doit être ... hum ... disons qu'on est par là, donc c'est ... Charleval !
Et bien ... pas du tout, car Charleval étant proche du point Echo, on en est bien loin maintenant !

J'efface vite cette question de ma tête et reprends ... Etrepagny, Etrepagny ...
Le chemin de fer m'y conduit tout droit. Voici la ville déjà ... et le terrain devrait être derrière.
Là, je ne ferai pas de briefing arrivée ! Bien fait pour moi !
Car mon instructeur, une fois avoir repéré le terrain me demande la piste en service en fonction du sens de la chaussette et savoir quelle piste sera active, ainsi que le sens du tour de piste.
Je réponds tout bien, sauf que ... j'ai tout faux !
Pourquoi ? Parce que ce maudit terrain est à usage restreint et qu'on à donc pas le droit de s'y intégrer si l'on y est pas autorisé au préalable.

- "Allez, tu reprends sud de la ville d'Etrepagny, et tu m’emmènes à Bréval."
Mais c'est quoi ce terrain encore ? Ben, en fait, ce n'est pas un terrain ... C'est une petite ville au sud-ouest de Mantes, tout simplement ! Reste plus qu'à la localiser !
- "C'est là, regarde sur ma carte ..."
Ok, un tout petit point jaune sur la 1/500.000e ! Pfff ... allez, cap au 190 !

Puis, tout d'un coup, j'entends :
- "Alors maintenant, considère que ta pression d'huile tombe à 2 !"
Ni une, ni deux, presque fier de moi, j'annonce : "j'interromps le vol : IVV".
Je repère un champs, le mesure correctement, à part que je suis à 180 km/h au lieu de 150 !
En tout cas, j'arrive à le faire ! Cool !
Sauf que ... au débrief ... mon instructeur du jour me dira que je n'avais pas à partir direct en IVV. En effet, il faut d'abord vérifier avec la température d'huile ! Si elle monte anormalement, alors oui, je dois interrompre le vol mais sinon, non, c'est simplement que l'instrument est HS !
Remise de gaz ...

Je repasse la boucle de Seine, arrive à localiser Vernon... je suis sur le bon chemin.  
Me reste plus qu'à garder à gauche les lignes électriques et attendre la voie ferrée.
Bingo ! Là je suis content, Bréval s'offre à ma vue !

On monte à 2.500ft et vont alors commencer toute une série de mania.
1. Décrochage en lisse ... OK
2. Décrochage volets 1 et en virage - config base ... OK
3. Décrochage volets 2 - config finale ... OK
4. Virages gauche/droite 45° avec maintient d'altitude ... OK
5. Virages gauche/droite 60° avec maintient d'altitude ... OK
6. Sortie de virage engagé à piqué ... OK
7. Faire un 360 à 60° d'inclinaison à gauche/droite ... OK

Je suis content car j'ai bien réussi tout ces exercices. Par contre, je commence à fatiguer et être un peu dans le gaz. Je préviens mon instructeur.

- "OK, on va faire un peu de VSV avec casquette pour rentrer au terrain."
S'ensuivent une série de caps et d'altitudes jusqu'en vent arrière à St-Cyr.
Je me pose ... Ca y est ... C'est fait pour le pré-test.
Je suis un peu mitigé, content de certains trucs, fâché sur d'autres...

On passe à la séance de débrief qui synthétisera le vol comme suit ...

Points positifs :
- Bonne préparation de nav et dossier de vol
- Bonne communication radio
- Le vol s'est déroulé dans des conditions optimum de sécurité
- Bonne gestion de la panne au décollage
- Exercices de mania bien réalisés
- Tous les atterrissages étaient bons

Points à améliorer :
- Mieux anticiper la liste des Radio-Radionav
- Aucun bilan carburant de tout le vol !
- Aucune vérification moteur MEGA de tout le vol !
- Mieux séquencer les actions de la panne en campagne
- Ne pas hésiter à faire des 360 pour se remettre dans sa navigation
- Revoir la checklist déroutement : Cap-Distance-Temps-Carburant
Et ceux dont je suis le moins fier :
- En remise de gaz, c'est assiette-puissance, pas l'inverse !
- Exécution du tour de piste (la honte !)

Et alors, le verdict tombe :
- "Avec un vol comme aujourd'hui, je ne te valide pas ton PPL !"

Du coup, mardi, on refait une nav vers l'Aigle afin de vérifier que tout est bien rentré dans l'ordre.
Je croise les doigts ...

6 commentaires:

  1. C'est normal d'en baver pour les tests blancs !! ils te mettent un stress d'enfer.
    En principe le FE valide ton aptitude à voler en sécurité pour toi, tes pax et ta machine...
    mais c'est bien de voir à quel point un stress peut tout de suite engendrer pas mal de merdouilles.
    Bien préparer sa nav et ses terrains de déroutements possibles (ouvert à la CAP ou pas ?? carburant ou pas etc...)
    Pour les points de report obligatoires ou facultatifs, sur la 1/500000 on ne voit rien, je les ajoute aussi sur les cartes d'approche VAC où c'est plus clair, lorsqu'elles n'y sont pas notées.
    Aller courage à toi....

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  2. Le pré-test est vraiment le vol le plus dur de la formation...
    Du coup le test en lui même te paraitras beaucoup plus simple...
    Bon courage pour la suite!!

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  3. Hello Franck,

    Lecteur regulier de ton blog, je viens de valider mon test PPL hier sur LFPX.

    Comme le dis "Petit Cabri", prepares bien ta nav, assures la securité et tout ira bien.

    Courage à toi! Tu verras comme la coupe de champagne de ton brevet sera délicieuse.

    Clément

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  4. Merci pour vos commentaires.
    Après pas mal d'annulations à cause de la météo, ma prochaine validation aura lieue ce dimanche.
    Je croise les doigts.

    @Clément félicitations, bientôt pilote ;o)

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  5. Bonsoir Franck,
    Pilote de ligne depuis 20 ans, c'est avec grand plaisir que je suis tes aventures aéronautiques et cela depuis quelques semaines.
    Ton parcours me rappelle mes premiers pas dans les airs avec ses joies, ses doutes et au final un grand bonheur quand le brevet est en poche.
    Bon courage pour ton test et champagne à l'arrivée !!! (surtout pas avant).
    Louis

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  6. @Louis Merci ça me touche beaucoup. ;o)

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